Je n'osais pas y revenir, mais voilà, une sole du fin fond des abysses est venu illuminer la page vierge, alors je vais brasser aussi quelques mots, comme ca, à brûle pourpoint...

  On va s'en aller, s'est écrit quelque part parait-il, un jour, une nuit, on ne sait pas et on ne voudrait pas le savoir afin de partir calmement, sous les feux de la rampe, le rideau sur la peau, sans rien regretter, en laissant quelques rictus nostalgies sur peu de visages aimants.

  On emportera son petit panier à souvenirs, ses moments d'euphorie avec les autres, où l'on osait dépasser l'image que l'on pouvait avoir de soi, cette absurdité de la maîtrise de soi-même, de l'opinion de terribles inconnus, de nous-mêmes avant toute chose, ce prisme sans cesse déformant de la réalité.

Nous partirons avec le monde, le nôtre, le seul qui vaille lorsqu'il se partage avec ceux des autres, qu'il sait accomplir le miracle de s'oublier pour mieux donner, sans amertume mais avec une légère tristesse bienveillante dans les yeux...

Merci Monsieur Chaplin pour ce testament car il fait briller le rêve et la poésie à celui qui a le coeur ouvert, même pour les plus brefs instants... L'on aimerait vivre dans votre film, dans lequel la douleur n'est jamais méchanceté, dans lequel l'on peut saisir cette troublante vérité de la vie, si bien cachée dans les replis de notre soufrance, cette vérité qui tient au bout du fil, lorsque l'on est encore sous les feux de la rampe et que la solitude n'est plus qu'un bagne lointain pour quelques secondes d'émerveillement !!!

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Le Fil de Fer Masqué